La journée de la femme - Emmanuel Reynaud propose sa vision des rapports Homme/Femme


DLR-Paris - Posted on 10 mars 2010

Élisabeth Badinter a écrit récemment un ouvrage, « Le Conflit, la femme et la mère ». Ouvrage probablement alimentaire, puisqu'il ne fait que réchauffer le plat des thèses féministes qui, en plus de trente ans de confrontation au monde réel, a largement eu le temps de refroidir.

Je n'ai pas envie ici de redéconstruire le féminisme, ni en faire une analyse sociologique, mais néanmoins la sortie de ce livre m'a donné envie d'évoquer une chose finalement assez simple, la complémentarité homme/femme.

L'égalité homme/femme est une abstraction républicaine. Il est faux de dire que les hommes et les femmes sont égaux, mais il est bon de le proclamer dans un esprit de concorde civile. Notons que cette abstraction, comme toutes les abstractions, finit par fuir, à savoir que l'on ne peut pas indéfiniment faire comme si les hommes et les femmes étaient réellement égaux. Ainsi, l'article premier de la constitution française1 établit que « [La loi] assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. », sans parler des sexes, donc. D'ailleurs la loi fera parfois explicitement des distinctions entre les hommes et les femmes2.

Il me semble bon ici de souligner quelques réalités: différence ne veut pas dire systématiquement hiérarchie. Par exemple en mathématique, si 5 est différent de 3 et que l'on peut bien comparer ces deux nombres (5 est strictement supérieur à 3), en revanche un carré est différent d'un rond sans que l'on puisse établir une hiérarchie entre ces deux formes.

Par ailleurs, les hommes et les femmes sont identiques sous certains aspects et différents sous d'autres, et leurs différences sont complémentaires, par obligation (de perpétuation de l'espèce). Ainsi parler de « sexes opposés » pour désigner les hommes et les femmes est une erreur grossière. On devrait, si l'on était rigoureux, parler de « sexes complémentaires ».

Ainsi le féminisme, qui ne cesse d'opposer les hommes aux femmes, est essentiellement anti-naturel, éloigné de la réalité physiologique, et donc radicalement à côté de la plaque.

Si l'on veut proposer une répartition des rapports hommes/femmes qui soit pertinente et stable dans le temps, c'est à dire saine, il faut partir de ce qui est immuable,inamovible. En effet, tout structure humaine (société humaine) niant, voir allant à l'opposé de déterminismes qui ne peuvent être changés sera immanquablement bancale, incohérente, et donc vouée à la disparition à plus ou moins brève échéance, lorsque les contradictions du système se révèleront plus fortes que ses éléments de cohésion (ce qui finit toujours par arriver, les éléments de cohésion ne pouvant pas éternellement être à leurs top, ils s'affaiblent fatalement à un moment ou à un autre, alors que les éléments de contradictions sont eux stables car passifs, en attente _car inhérents au système).

Partant de ce raisonnement, qu'est-ce-qui est immuable chez l'homme et la femme, et qui donc pourrait servir de point de départ à notre réflexion? La réponse est évidente: ce qui est immuable dans la distinction homme/femme, c'est que ce sont tous des êtres humains, mais de sexes différents. Ayant là circonscrit notre analyse grâce à l'évidence, le reste n'est plus qu'une partie de jambes en l'air plaisir.

Analysons maintenant les spécificités physiologiques des hommes et des femmes inhérentes à leur sexe, sans aller trop entrer dans le détail. Les hommes sont manifestement plus grands et plus musclés que les femmes. Ils sont donc optimisés pour se confronter aux difficultés du monde extérieur (plus grand rayon d'action, meilleure capacité à modifier l'environnement). Et les femmes sont seules capables de faire naitre et nourrir un enfant, que ce soit à l'intérieur (via le placenta) ou à l'extérieur (via les seins). Elles sont d'ailleurs plus capables de stocker de l'énergie que les hommes. Elles sont donc optimisées pour la création et le maintient de la vie.

On pourrait aller très loin dans l'analyse pour voir à quel point notre physique (forme, fonctionnalités, limites) conditionne, détermine, nos actions et nos pensées. Et, utilisant cette méthode, faire émerger des contraintes structurelles incontournables de toute société humaine viable, mais là n'est pas vraiment l'objet de cet article (et puis je n'ai pas trop le temps, je suis en campagne pour les régionales en ce moment).

Ce qui m'intéresse ici, c'est que nous avons fait émerger par le raisonnement une systématique, des règles fonctionnelles: les hommes sont systématiquement plus efficaces que les femmes pour gérer leurs environnement, et les femmes sont systématiquement plus efficaces que les hommes pour gérer la reproduction de l'espèce.

Ces déterminismes sont fonctionnels, et donc comportementaux: les hommes vont plus facilement explorer, découvrir, lutter, quand les femmes vont plus facilement s'occuper de la création, la survie et le bien-être des enfants humains. Ces différences, plutôt que de les voir comme des oppositions, je préfère les voir d'une manière constructive, positive. Les deux aspects, féminins et masculins, de l'humanité, sont appelés à devenir complémentaires pour avoir un sens. Il y a engendrement réciproque des deux faces de l'humanité pour que l'humanité puisse se réaliser, s'accomplir: sans vie, pas de remodelage du monde possible (pensée, construction), et sans action ni pensée sur le monde, l'espèce humaine n'a plus de sens (autant être une amibe). Allons même plus loin: les femmes, en créant les générations successives de l'espèce, permettent au savoir de s'accumuler et s'enrichir, et à l'action sur le monde de perdurer, se renforcer, s'améliorer (grâce à la femme, l'homme peut transmettre _le monde). Et les hommes, en inventant, explorant, bâtissant, fournissent aux générations futures un environnement de plus en plus confortable et propice à la perpétuation de l'espèce (grâce à l'homme, la femme peut transmettre _la vie).

Les hommes donnent aux femmes le monde pour faire la vie,
et
les femmes donnent aux hommes la vie pour faire le monde.

Cette relation de dépendance et de renforcement mutuel (l'homme est nécessaire à et a besoin de la femme comme la femme est nécessaire à et a besoin de l'homme) est éminemment constructive et harmonieuse (et donc stable) et car elle est permet d'engendrer la vie et l'espace, deux projets distincts (et non hiérarchisables) mais complémentaires, via le temps.

 

Créer un espace à trois dimensions (temps, espace et vie) où pouvoir évoluer, voilà tout le projet de la relation Homme/Femme, d'après moi3,

 

 

Emmanuel Reynaud
délégué DLR Paris 20ème
9ème de la liste Paris pour les régionales

 

3Voyons où ces trois dimensions noumène!